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Acheter une œuvre de Banksy n’a rien à voir avec le fait d’acquérir par exemple un Picasso. Par définition, l’art urbain n’a de sens que s’il s’exprime dans son milieu naturel. Il est donc très rare de trouver une œuvre originale à acheter. De plus, les street-artistes proposent peu d’esquisses sur toile. Et quand on finit par en dénicher une véritable production, les enchères sont telles que la sagesse suggère de se retenir.

Il reste cependant que le genre se négocie quand même dans certains milieux bien connus des spécialistes. « On a alors besoin d’un guider pour éviter d’acheter des œuvres contrefaites sans le savoir ou de tomber dans le piège du recel », avertit Pascal Robaglia.

Apport des galeries pour institutionnaliser cet art aux canons iconoclastes

Une fois les murs investis et les tours mises à contribution, l’art urbain s’introduit dans les galeries et s’arrange une place de plus en plus importante à côté des œuvres classiques. On compte même des expositions typiquement dédiées au street art et qui favorisent sa formalisation. La plupart des lieux d’exposition possédant un site Internet, il devient facile de recueillir des informations utiles sur leurs collections. On agira cependant avec précaution au cas où l’on souhaiterait effectuer une acquisition en ligne. Le spécialiste de l’art contemporain recommande une visite de la galerie avant tout achat pour éviter tout traquenard tendu par un imposteur. En général, les mêmes astuces permettent d’opérer tant pour l’achat des œuvres traditionnelles que pour celles qui relèvent du street art.

Conseils et astuces pour acheter, sans se laisser duper, des œuvres du street art

Le premier acte consiste à considérer son budget. Un portefeuille à six zéros vous donne accès aux artistes confirmés. L’étendue de leur notoriété signale un prix de cession généralement élevé. « On conseille souvent aux détenteurs d’un budget modeste de cibler les jeunes auteurs dont le talent ne fait pas encore l’objet des gros titres de la presse spécialisée. », indique le directeur de Gilbert Bard. On concède un investissement infime, et on laisse les années travailler à son avantage. Il suffit en effet de quelques années pour voir la valeur de l’œuvre se multiplier par mille, voire par plusieurs centaines de milliers.

La signature de la pièce, l’authenticité des œuvres, l’expertise de l’acheteur comptent pour une part considérable. Si vos compétences en cette matière sont limitées, la meilleure action consisterait à vous laisser guider dans vos choix.

Un autre paramètre important, aux yeux de M. Robaglia, réside dans le style d’investisseur que représente l’acheteur. Celui qui souhaite toucher à son retour après dix ans n’aura pas le même réflexe d’achat que l’investisseur qui acquiert des œuvres à léguer à sa descendance. On tiendra également compte, poursuit l’expert, des possibilités de défiscalisation. Sous cet angle, tout dépend des objectifs de l’investisseur. Il y a certaines formes d’œuvres à privilégier sur d’autres en fonction de l’allégement fiscal visé.

En définitive, le street art vit un boum indéniable. Il ne suffit cependant pas de le vouloir pour transformer son achat en un investissement rentable. À cet effet, c’est essentiel de se faire accompagner par un expert d’art, conclut Pascal Robaglia.

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